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A l’image d’un album de famille oublié sous un drap, dans un
grenier poussiéreux, Lackno et Lackna errent comme deux fantômes dans un monde
où l’amour ne semble plus exister...
« Tout a brûlé, ou presque... »
Les souvenirs d'un une vie antérieure les hantent et les déchirent : l’amour
d’une enfant, perdue, cachée au fond d’une boîte.
« Ciit ! Ne rien dire, oublier. »
Parviendront-ils à ouvrir cette boîte, à se délester du passé qui les hante et
à laisser éclore une nouvelle histoire d’amour ?
Même Plus interroge
la confrontation entre l’imaginaire et la réalité, là où les rêves hérités de
l’enfance, les idéaux amoureux et les rôles sociaux se heurtent au réel.
Lackno et Lackna sont enfermés dans ce que je nommerais la
bulle du couple. Nous assistons à leur lutte pour une survie qui n’est plus que
sentimentale. Ils deviennent un duo de foire, grotesque et pathétique, offert à
nos regards. On pleure pour eux. On rit aussi, mais d’un rire jaune, grinçant.
Au centre de la scène, un objet symbolisant un enfant — une
boîte à ouvrir — incarne le deuil, les non-dits et les rêves d’enfance
oubliés.
Lackna a été assignée à la douceur, au corps, au silence — tout ce qu’elle
ne veut plus être. Elle refuse désormais de porter le fardeau et affirme
une seule règle : la liberté de son corps, de ses choix et de sa manière
d’exister. Face à elle, Lackno est enfermé dans un modèle masculin hérité,
fondé sur le contrôle, la maîtrise de la pensée et le déni de sa
vulnérabilité.
Comme dans un jeu cruel, le couple se tourne en dérision et se donne en
spectacle, rejouant ses souvenirs et ses cauchemars. Une manière de
matérialiser le deuil de cet enfant presque oublié, de le rendre palpable,
presque organique. C’est aussi une mise à distance de leur souffrance.
Ils brouillent ainsi volontairement la frontière entre le réel et la
fiction. Cette surenchère grotesque évoque les pleureuses lors des funérailles
: une démonstration excessive, presque indécente, une vaste farce où la mort
symbolique ne cesse de revenir.
Sans proposer de résolution idéale, la pièce affirme la confrontation au
réel et le dépouillement de soi comme des actes de survie, indispensables pour
renouer avec la sensibilité, le désir et la possibilité d’exister ensemble
autrement.
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